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Carnets de voyages

Vendredi 29 août 2008

"Mais qu’est ce que tu vas faire en Belgique ?" Voilà, dès qu’il était question de mes vacances chez nos voisins les Belges, j’avais à coup sûr droit à cette même et sempiternelle question. Eh bien, sachez chers amis, qu’il y a plein de choses à faire en Belgique. D’abord, en Belgique, on mange. Et on mange bien et beaucoup. Mon estomac se souvient encore des mitraillettes (baguette de pain débordant de frites et de viande) et du demi bœuf et de son champ de patates modestement baptisés "Cheeseburger et pomme de terre au four".


En Belgique, on boit. Pour faire glisser la carbonnade flamande, il faut savoir ingurgiter des litres de kriek*. En Belgique on dessine ou plutôt, on regarde les dessins des autres. Capitale de la bande dessinée, Bruxelles possède un extraordinaire Centre de la BD où l’on peut facilement passer une demi journée sans jamais s’ennuyer. Petit rappel : Les Schtroumpfs, Tintin et Milou, Spirou et Fantasio et  Blondin et Cirage -une BD pas du tout raciste (sic)- ne sont pas français mais belges !   


En Belgique, on va au cinéma. Avec son musée du cinéma hyperactif, même quand il est fermé, et son festival Ecran total, Bruxelles vous offre la possibilité de découvrir ou redécouvrir les grands films de l’année et les classiques les plus anciens. En Belgique, on aime l’art et on se précipite aux Musée des Beaux arts pour s’extasier devant un Brueghel ou un Magritte. En Belgique, on se prend pour un Bourgeois du début du XXe siècle et se on se met à rêver devant les magnifiques bâtiments art nouveau conçu par l’architecte Victor Horta. Enfin, quand on est en Belgique, on évite d’aller à Bruges par ce que les seuls Belges qu’on y trouve vendent des chocolats ou des cartes postales pour les touristes.


 

 












* Carbonnade flamande : ragoût de bœuf étuvé à la bière trop bon ;  Kriek : bière à la cerise qui déchire !

 

NB : je ne suis pas belge.

Par Lucile - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mardi 13 novembre 2007

C'est officiel, les températures sont passées en dessous des normales saisionnières. C'est pas moi qui le dit, c'est Evelyne Dheliat.  Pour réchauffer l'atmosphère, je vous propose de vous allonger sur le sable chaud de la plage du Lavandou. Au programme : baignade, lecture, sieste, etc, etc.

PS : Gens du Nord, rassurez-vous, les Varois ne sont pas vautrés sur la plage pendant que vous subissez la pluie, le froid et les grèves. Les photos (et oui, d'autres doivent suivre) ont été prises au mois d'août. Soulagés ?

Par Lucile - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 12 avril 2007


Certains n’aiment pas la nature. Je ne sais pas pourquoi, mais on dirait que ça leur hérisse le poil. Moi au contraire, je ne peux vivre sans elle (même si je passe les trois quarts de mon temps à mouliner des bras au milieu d’une nuée de gaz carboniques). Alors, lorsqu’une amie m’a proposée un petit week-end en plein de cœur de la Sologne , j’ai tout de suite répondu "ouuuuuuuui". Limite si je ne lui ai pas sauté au cou la couvrant d’une pluie de baisers mouillés franchement répugnants. Me voici donc au pays de la tarte tatin - si vous voulez en savoir plus, je vous donne le numéro de téléphone de ma copine, celle que j’ai couverte de bave trois lignes au-dessus. Elle est intarissable sur le sujet.


Pendant que certains se gavent, utilisant leurs doigts pour faire entrer le trop plein de pommes dans leur bouche, je profite des bienfaits de la forêt solognote. Important, pour ce genre d’exercice, éviter les talons aiguilles et préférer le pantalon dit de campagne ! Voici les résultats de cette promenade solitaire ( ça fait grand reporter, j’aime bien).

 

PS : c’est plus pratique en cliquant ici!

Par Lucile - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 2 avril 2007

Ce n’est qu’à quelques miles de Dublin. Une demi-heure, le temps d’un trajet en DART (le RER local). Et pourtant, ça n’a rien à voir. A Howth, il y a du silence, il y a de l’air et il y a la mer. C’est peut-être ça la différence : la mer. Déjà dans le train, elle vous saisit, vous emporte avec elle vers un je ne sais quoi un peu hors du temps. Elle vous attend, cachée entre deux maisons. Peu à peu, elle s’approprie l’espace et soudain, vous ne voyez plus qu’elle. Elle est partout. Elle sert de cadre au ciel et à la terre, parfume l’air et aiguise les sens.

En ce jour de beau temps, rien ne paraît plus serein que cette mer et ce port. Il règne, un grand silence, à peine interrompu par le cri des mouettes et le bruissement du vent. Alors, bien sûr, tous en profitent. Entres les rochers, quelques têtes dépassent, ce sont des pêcheurs. Ils sont là calmes et muets. Ils surveillent leur ligne. Quelques fish and chips et les deux pubs plantés sur le front mer, ont installées des tables en extérieur. Elles sont occupées par des Irlandais gouailleurs.

Autour d’une des ces tables, deux hommes gueultonnent. Ils se sont offerts un plateau de fruits de mer accompagné d’une bouteille de rosé « du vin de Provence ». Ils m’aperçoivent et semblent obnubilés par mon appareil photo –qui soit dit en passant n’est qu’un petit reflex sans aucune prétention. Quand même ! Ils commencent à me questionner, m’invitent à partager leur repas. L’un d’eux se lève, revient avec un verre ballon et une assiette pour moi. Un moment magique, où le temps n’a plus vraiment de prise. On discute, on échange, puis naturellement on se sépare. Chacun de son côté. Plus loin, des personnes de tous les âges, prennent le soleil. Certains discutent, dorment ou lisent. D’autres fixent leurs regards vers l’horizon et s’abandonnent à de profondes rêveries. Tous se laissent aller, jouissant de cet air vivifiant et des bienfaits d’un soleil aussi appréciable qu’il est rare.

Dans le haut du village, le long d’une longue rue en pente qui semble trouver sa fin dans la mer, de jolies petites maisons blanches s’agglutinent les unes aux autres. Non loin de là, un vieux cimetière surplombe l’étendue maritime et dans le ciel se détachent de majestueuses croix celtiques. Le vent, dans un mouvement de va et vient agite les hautes herbes qui recouvrent les champs et falaises du bord de mer. Soudain le ciel s’assombrie. Des nuages viennent voiler le soleil. Une petite goutte de pluie se pose sur ma joue. C’est comme ça le temps en Irlande. Tout peut changer d’un instant à l’autre, sans qu’on puisse vraiment comprendre comment et pourquoi. Mais toujours résiste cette belle lumière qui réveille les couleurs et paysages cet incroyable pays.

 

Quelques photos ..

Par Lucile - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mardi 13 mars 2007

Derrière les vitres du car, défilent les petites maisons de briques brunes. Sur les marches, des personnes en groupe discutent, sirotent une bière et profitent des derniers instants de la journée. Le bus poursuit sa route. Il laisse derrière lui cette image, premier aperçu d’une capitale qu’on imagine conviviale empreinte de cette sagesse celtique qui manque temps à nos esprits échauffés, à nos villes encombrées. Le véhicule s’arrête à Saint Stephen Green.

 

 

 


Puis se sont les premiers pas. Très vite, ils me conduisent vers une Irlande qui ne ressemble en rien à ces paysages puissants et bruts inspirés par la lecture d’Ulysse. En plein cœur de Dublin, il n’y a plus de petits vieux aux visages burinés, et sur Dawson Street les pubs ont été remplacés par des établissements de luxe où se précipite une jeunesse dorée aux portefeuilles bien garnis. Des filles hyper maquillées, brushées et habillées comme pour un réveillon du nouvel an et des hommes, casual Friday, tendent inconsciemment des billets de 100 euros pour une orgie de Guiness (tout de même!) et de champagne.

 

Après s’être mués en épaves, ils rentrent chez eux. Souvent dans des banlieues dortoirs conçues sur le modèle urbain américain. Dans ces rues, des pavillons de facture médiocre se font face. Aucun commerce, aucun restaurant, juste des routes, des feux tricolores et ces pavillons. Au matin, ces quartiers se vident et, le centre se remplit, s’anime, pris par une frénésie de mouvements. Les gens se bousculent, ils sont nombreux, trop nombreux à emprunter les rues piétonnes et Grafton Street, transformée depuis quelques années en village Mickey. Trop nombreux aussi à entrer et sortir de cet énorme gâteau à la crème qui fait office de centre commercial. Ecoeurant.

 

 Les grandes artères, les quais de la Liffey, sont  encombrés par les bus et autres véhicules motorisés. Ils surgissent de nulle part, manquent de vous accrocher à chaque instant sans en éprouver le moindre remord. Et puis le bruit incessant de leurs allers-retours mêlés aux assourdissants tacs tacs tacs des feux de circulations. Pas tellement différent d’une autre capitale, sauf qu’ici tout est concentré sur un périmètre très réduit, à peine aéré.

 

 La vision de ces multitudes qui se croisent, ce mouvement frénétique, ce bourdonnement intempestif avoisinent les limites du supportable. Heureusement, il y a ces quelques instants de quiétude volés sur les marches du Trinity College, le soleil vous caressant le visage. Il y a cette cour majestueuse et silencieuse. Il y a les bâtiments de cette université séculaire (1592) à l’allure toute britannique d’où s’échappent cette sérénité et cette sagesse propres aux institutions dédiées à l’apprentissage et au savoir.

Quelques photos ...

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Samedi 2 décembre 2006

La rue est vide et silencieuse. Rien ne semble bouger sous ce ciel gris chargé de nuages lourds et menaçants. Soudain, venu de derrière les terrains vagues entourés de barbelés, un roulement de tambour, puis deux, en fait, une succession de notes aux airs plutôt militaires. En avançant, les sons se précisent. Puis apparaissent les premiers manifestants. Des musiciens en tenue. Ils portent un képi et un costume bleu clair. Le chef de fil arbore un drapeau et derrière se succèdent, en ordre, des hommes de tous les âges et des enfants.

Ce sont les membres d’une fanfare orangiste. Comme chaque année au mois de juillet, ils viennent défiler à Belfast afin de commémorer la victoire de Guillaume d’Orange sur le catholique Jacques II (1690). Des dizaines de clubs, en provenance des quatre coins de l’Irlande du Nord, se rassemblent pour proclamer leur identité et leur attachement à la royauté britannique. Pour certains ces parades, ne sont que des réunions traditionnelles teintées de joie et de bonne humeur, pour d’autres il s’agit d’une provocation de plus dans un pays encore marqué par des années de guerre civile.

Quelques jours auparavant, les défilés avaient fait naître des sourires sur les lèvres des spectateurs, aujourd’hui les visages sont fermés. L’atmosphère est lourde, pesante. Sur les trottoirs, dont les bordures ont été peintes aux couleurs du drapeau de Grande-Bretagne, des groupes se forment. Des gros gaillards renfrognés et leur provision de bière, des familles, des touristes curieux suivent la parade, mornes. Seuls les enfants, à la traîne du cortège, semblent s’amuser et imitent avec beaucoup de sérieux, les pas, les gestes des musiciens ...
Pendant, plus d’une heure, les bandes se succèdent devant les murs peints où s’expriment toute la violence des troubles. L’image de ce défilé sur fond de fresques où se mêlent messages guerriers et représentations d’hommes en armes, laisse loin derrière moi la pensée que nous sommes en temps de paix.

La parade se poursuit, puis passe le dernier tambour. Chacun rentre chez soi, les rues se vident. Seules sur la chaussée, traînent encore des centaines de canettes de Guiness et dans un ciel triste flottent les petits drapeaux tendus le long des maisons de briques rouges...

Quelques photos...  // D'autres photos

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